Présentez-vous aux lecteurs
Nous sommes un groupes français relativement récent puisque nous sortons notre premier album « Incertitudes » après un premier 5 titres paru il y a deux ans. Notre style navigue entre le métal et tous les dérivés du post punk, avec un chant en français. Nous constations que la musique produisait de plus en plus de groupes éphémères et sans intérêt, nous avons donc décidé de nous réunir pour faire pire.
Quels sont vos goûts musicaux personnels et vos influences ?
Nos influences sont extrêmement variées car nous venons de deux univers proches et à la fois différents. Des monstres comme Iggy Pop ou Bowie, les Ramones, les Melvins, en passant par la cold wave de Cure, Bauhaus ou Joy Division. Des passerelles vers le métal avec Prong, Killing Joke, Isis, Tool puis d'autres géants comme Faith No More, Metallica, Slayer. On aime des artistes immenses comme Trent Reznor, Mike Patton, Henry Rollins, Nick Cave. Et la liste ne peut que s'allonger avec les Fugazi, Boys against girls, Godflesh, Kyuss... Aujourd'hui System of a down, Korn, Deftones, Queens of the stone age. La liste est énorme, on est fan de musique, on en écoute tous les quatre en permanence.
Le nom VILLA VORTEX ca vient d'où?
Villa Vortex est le titre d'un roman de Maurice G. Dantec, auteur français exilé au Canada. Visionnaire et puissant, issu de la musique punk et du post punk. Nous lisions Villa Vortex, roman plein de feu et de tensions, lorsque notre local de répétition et tout notre matériel ont été détuits dans un terrible incendie (qui nous a totalement ruiné par ailleurs). Cette convergence entre art, littérature, musique, flammes, violence nous semblait s'imposer à nous à une période où le groupe était naissant.
Quel regard portez-vous sur la scène musicale actuelle en France ?
Chacun d'entre nous a une vision assez différente entre l'intérêt et le détachement. Nous avons d'excellents groupes comme les Sleepers ou Kill the thrill. Sinon il y a un nombre incalculable de groupes qui arrivent, se défont, réapparaissent, et pour ceux qui durent la réalité est très dure. Nous n'avons plus de salles underground aux programmations risquées, aujourd'hui il faut rentabiliser, faire du chiffre pour vivre avec des subventions, l'argent et l'Etat ont réussi : la musique en France n'existe plus officiellement. Seul internet permet de continuer vraiment. Plusieurs groupes ont déjà compris qu'il fallait s'expatrier, certains ne jouent plus qu'une fois à Paris de temps en temps et tentent de se produire ailleurs. Mais le phénomène semble général, on devient une star en un demi album puis c'est aux autres de prendre la place. Sinon ici il faut durer 25 ans pour avoir enfin un semblant de reconnaissance, trop tard. Malgré tout notre époque depuis le début des années 2000 et un peu avant est redevenue très exitante, le rock est revenu en force après quelques errances. Plein de jeunes ici font une musique bien sale, c'est rassurant.
En général, quelle est la réaction du public lors de vos concerts ?
De nombreux cas de suicides.