Présentez-vous aux lecteurs
Bonjour, on est Snatch, Manu (batterie et chant), Johan (chant), Alex (basse) et Dam (guitare). Le groupe s’est formé au printemps 2015 et on a attendu d’avoir des compos suffisamment solides avant de les sortir.
Qui compose ?...comment cela se déroule au sein du groupe ?
C’est du travail commun. Dam amène un ou plusieurs riffs, parfois une idée de morceau plus avancée, on décortique tous ensemble, on garde ce qui plaît à tout le monde, on modifie ce qui n’est pas assez bon, et on jette ce qui est mauvais ! A partir de là, on travaille tous les quatre à construire le morceau. Pas de problème d’ego, tout le monde amène ses suggestions, quand c’est mauvais ou que l’on n’aime pas, on le dit direct. Le but est d’être tous satisfaits du « produit fini ».
Qui écrit les textes ?..de quoi parlent- ils ?..l’inspiration vient comment ?
Manu, Johan et Dam. C’est au cas par cas, on prend la plume lorsque l’on se sent inspirés par quelque chose. Parfois c’est juste une strophe qu’on trouve et qui se débobine pour devenir un morceau. Les mélodies vocales sont les bébés de Johan et Manu, ils ont un don pour ça ! Quant aux thèmes, c’est aussi du cas par cas, le plus souvent des expériences personnelles, des ressentis, des frustrations,… des émotions que l’on essaie d’extérioriser, quelles qu’elles soient. Mais ce n’est pas exclusif, c’est juste ce qui nous inspire sur le moment. « Bloody Mary » par exemple est parti d’un article qui expliquait comment l’œil humain pouvait distordre ce que l’on voyait dans un miroir en le fixant trop longtemps et générer des visions déformées qui ne sont rien d’autre que notre propre reflet.
Le nom SNATCH pourquoi ?
Parce que tous les autres proposés étaient nuls ! (rires) C’est toujours délicat de trouver un nom qui plaît à tous les membres, on est tombés d’accord dessus, on ne sait même plus pour quelle raison ! On aimait le fait que ça tienne en un seul mot et nous sommes de grands fans du film de Guy Ritchie donc… !
Quels sont vos goûts musicaux personnels et vos influences ?
Vous avez la semaine devant vous ? (rires) On vient tous d’horizons musicaux différents, on écoute énormément de choses, on a joué énormément de choses différentes… De manière générale on aime les groupes avec une identité bien à eux, plus que les « suiveurs » qui se cantonnent à un style limité… Citer nos influences n’aurait pas beaucoup de sens car chacun d’entre nous aime des trucs que les autres n’aiment pas ! Et on a pu voir aux réactions des gens aux premiers morceaux diffusés que les auditeurs entendaient des influences auxquelles on n’a absolument pas pensé en composant…
Quel regard portez-vous sur la scène musicale actuelle chez nous en Belgique ?
Elle souffre. Elle regorge de groupes talentueux mais que peu de monde a envie d’entendre ou laisse s’exprimer – je ne parle pas de groupes techniques barrés inécoutables, je parle de groupes avec une identité bien propre et surtout quelque chose à dire. Les gens sortent de moins en moins, se ferment à la découverte et préfèrent aller écouter des trucs qu’ils connaissent déjà. Beaucoup de musiciens se sont lancés à corps perdu dans le business des covers bands parce que c’est ce que la majorité des gens semblent vouloir entendre : des morceaux qui leur sont familiers, quelque chose de rassurant, qui ne nécessite pas d’attention, je ne sais pas… On dirait qu’il y a chez de moins en moins d’auditeurs cette envie de découverte, de surprise… Même dans le milieu du rock, ça devient cloisonné, des groupes s’enferment volontairement dans des genres prédéfinis, comme cette vague « Occult Rock 70’s » ou stoner plan-plan… Cette scène commence à tourner en rond parce que beaucoup de groupes se contentent de repomper Kyuss ou Black Sabbath mais de façon monodimensionnelle, alors que ce qui faisait la grandeur de ces formations était leur recherche d’exploration et leur évolution constante… C’est dommage de voir des musiciens talentueux s’enfermer dans quelque chose d’impersonnel. Il y a pourtant beaucoup de choses intéressantes qui se passent en Belgique, à Liège, dans le nord du pays… Il existe encore plein de musiciens aventureux avec une vraie identité.