Présentez-vous aux lecteurs
Human Toys est un duo, né à Paris en 2007, mélangeant ses influences musicales rock, garage, électro, punk à d'autres influences esthétiques du film de genre. A l'époque, Emma Amaretto et Mademoiselle Poupée vivaient dans la capitale. En 2011, Poupée est allée vivre à Los Angeles où elle est restée 3 ans, alors qu'Emma s'en est allée à Marseille. Le groupe, à géométrie variable, avec une version nord-américaine, a donc continué a tourner aux Etats-Unis comme en Europe dans l'une ou l'autre de ses versions. De cette épopée californienne est sorti leur premier album sur le label punk hollywoodien Ad Nauseam. Elles ont établi leur réputation à coup de prestations scéniques énergiques et sexy.
Qui compose ?...comment cela se déroule au sein du duo ?
Emma s'occupe du volet musical et compose les morceaux, Poupée s'occupe du volet visuel, elle a réalisé les vidéos du groupe.
Qui écrit les textes ?..de quoi parlent- ils ?..l'inspiration vient comment ?
Dans un souci d'efficacité et de rationalisation du temps. Emma écrit la grande majorité des textes qui sont en fait écrits en même temps que le morceau est composé. L'idée de départ est souvent inscrite dans notre quotidien, humeur, évènements, rencontres et puis Emma brode à partir de cela. L'anglais possède plein de tournures de phrase qui sonnent et elle cherche la musicalité des mots, ce qui est bien plus aisé qu'en français. Poupée écrit parfois certains couplets, elle a écrit les paroles du morceau en espagnol, Emma n'étant pas hispanophone. Emma s'est faite aidée une amie bilingue pour le morceau en allemand. Enfin, le seul morceau est en fait un texte de Siméon, extrait de son livre Témoins à charges.
Le nom HUMAN TOYS pourquoi ?
On voulait quelque chose de ludique, qui ne se prend pas trop au sérieux, un pied de nez pour un groupe qui défend des positions et une imagerie plutôt féministes. C'est en écoutant un morceau de Coil avec ce passage, "let me be your human toy" que le nom s'est imposé de lui-même.
Quels sont vos goûts musicaux personnels et vos influences ?
mes goûts musicaux sont assez vastes même si ma culture de base est une culture punk-rock américain (Velvet, Stooges, Suicide, Ramones...) et anglais (Pistols, Buzzcocks, Jam, Warsaw...). Ensuite, j'aime beaucoup ce qu'on qualifie de musique industrielle comme Throbbing Gristle, je suis très fan des Cramps ou des groupes garages. J'aime également beaucoup les groupes du label in the red recordings comme The Intelligence, TV ghost... J'aime écouter de la musique électronique comme Coil, Autechre... Et j'en oublie beaucoup au passage. Au niveau esthétique, Hans Bellmer et ses poupées ont été un véritable choc. Je suis très heureuse que Gilles Berquet, un photographe extraordinaire travaille avec nous. J'ai longtemps été accro aux romans noirs et films noirs. Le cinéma expressionniste allemand, Metropolis de Fritz Lang. Le cinéma anglais de Joseph Losey.Mais aussi les films de genre, grindcores, giallios, les films d'horreur ou fantastiques.
Ado j'étais fanatique de Bowie, et puis la musique 80's a été une grande révélation. J'ai été très interressée par le post punk américain Talking Heads, Televison, B52's, Devo et puis des groupes comme Cure, Echo and The Bunnymen, Magazine, Clash côté anglais. Je liais ces paysages musicaux a des ambiances urbaines, post-industrielles à des villes tentaculaires et métisses, comme New York. Plus tard il y a eu les Pixies, et Sonic Youth, Ministry, .. Finanlement plutot du côté américian. Je n'ai jamais été fan de pop anglaise. Ce qui me plaît c'est la sécheresse qui fait danser, l'énergie, les répétitions hypnotiques de boucles à la Suicide. Mais j'ai aussi un côté très pop, j'adore chanter sous la douche et j'ai toujours un morceaux en tête.
Quel regard portez-vous sur la scène musicale actuelle chez vous en France ?
Un regard intéressé, avec des groupes comme Cheveu qui ont des propositions intéressantes et prennent des risques. La scène DIY est très intéressante, des tas de groupes tournent, sortent des disques, jouent dans de petits clubs. A Marseille il y a 4 ou 5 lieux qui programment en permanence. Cette année j'ai vu et aimé Pylone, 25, Binaire, Headwar, Elektrolux, Conger Conger, Frustration, Total Victory ...
En général, quelle est la réaction du public lors de vos concerts ?
La bouche bée cède rapidement la place au corps qui ne répond plus et s'anime... On doit être assez incongrues, il y a toujours un moment de flottement. Et puis, le sourire des filles dans la salle est une vraie satisfaction. Ca doit du bien de voir des filles sur scène qui projètent une image féminine et forte et en même temps très fun.
Quel est votre meilleur souvenir live ? Et pourquoi ?
C'est toujours chouette de se retrouver et jouer ensemble, d'autant que ça s'est fait plus rare ces dernières années... Peut-être que le concert où il y a eu la meilleure alchimie : public, affluence, son, il y en aurait deux particulièrement: feu le fouloir à Nantes, squatt absolument génial, la scène était au fond d'une piscine. Et puis le concert à Los Angeles pour la soirée Part Time Punks où ça a été assez magique.
Et l'inverse le plus mauvais souvenir live ?
On a fait des concerts difficiles, mais on a toujours assuré le show jusqu'à la fin, merci Poupée (!!). Toutefois, il y a eu un épisode assez terrible à Grenoble, chez un affreux limonadier qui regardait la télé et n'a même dénié baisser le son ou offrir un verre. Pas de public hormis les musiciens et les copains des autres groupes, de jeunes garçons tout fous qui jouaient exclusivement du Hardcore (pose, musique, fringues ... ) , parlaient hardcore, vivaient hardcore...
Quelle serait l'affiche de vos rêves ? (avec vous bien sûr !!!)
Jouer en enfer avec Lux interior, hot hot hot!!!! Un lieu alternatif quelque part à Tokyo, avec Cheveu par exemple.