Présentez-vous aux lecteurs
Le groupe s'est formé en mai 2009 à Bruxelles. C'est un savent mélange de jeunesse (guitare-batterie-chant) et d'expérience (Claviers-Basse), chose plutôt rare dans un monde ou les générations ont plus tendance à s'opposer ou à s'ignorer qu'à développer des projets communs. La musique est le reflet de ce mélange, pleine d'énergie brute, mais aussi réfléchie et posée. A l'origine qualifiée de psychédélique avec une présence forte d'orgue Hammond et exotique de Sitar indien sur le premier album sorti en 2011, le groupe a évolué vers un style et un son plus moderne, au fil des tournées (Angleterre, Hollande, Italie, France). Début 2013 le groupe a décidé de consacrer le temps qu'il fallait pour enregistrer tous les morceaux composés au cours de ces tournées et qui reflétaient plus la musique actuelle du groupe que le premier album.
Qui compose ?...comment cela se déroule au sein du groupe ?
C'est très varié. Irène apporte des morceaux « clef en main » Paroles, Musiques et structure établie. Simon apporte des musiques et une structure définie, mais ni mélodie ni paroles. Flupke apporte Parole, Musique et mélodie mais pas de structure définitive. La mélodie est adaptée à la voix d'Irène. Merlin et Hakim travaillent en binôme, apportant des musiques en grande partie structurées sans parole ni mélodie. Le début de The Barber est le produit d'une improvisation totale structurée par la suite. On peut dire que tout le monde apporte des bases de morceaux et contribue à l'élaboration.C'est pour cela que nous déposons toujours les morceaux collectivement, pour éviter toute discussion sordide de droits d'auteurs.
Qui écrit les textes ?..de quoi parlent- ils ?..l'inspiration vient comment ?
Les textes sont écrits par Irène, pour certain co-écrit avec Flupke. Toutes sortes de thèmes sont abordés. Pour Light Dry Gordon c'est la pression sociales, la course effrénée, la consommation, la dépendance. Pour Surfer Boy , écrite par Flupke c'est la dépendance à l'internet. Le thème de Million Dollar Baby , de Flupke également, parle de quand on a de l'or entre ses mains et qu'on en fait rien. Weathered c'est l'amertume d'un ermite qui crache sur ses aventures passées. The Barber c'est la mélancolie d'un barbier qui se sent pied et poings liés dans une vie qui lui échappe (également co-ecrite avec Flupke) Sun for the rest est une vision poétique d'un asile de paix, "d'une bonne planque" où le soleil brillerait depuis des siècles à l'abri de tout le bordel sur une île vierge, avec une nature verdoyante multicolore chatoyante dont la plage se fait border par l'océan, un océan qui lui offrirait ces plus belles parures, des coraux luxuriant comme il n'en existe plus vraiment. Shout parle du contrôle des masses. Go love est un hymne peace & love. The Sewer évoque la misère sous-jacente est effectivement parfois souterraine inspiré "des hommes taupes" sans abris de N-Y vivant dans les égouts ou stations de métro désaffectés. Jolyne c'est l'abandon et la perte. L'inspiration, c'est de l'écriture automatique avec le moins de jugement et de réflexion possible. Recorrigée après si nécessaire. C'est sans prétention. C'est des choses qu'Irène absorbe, parfois une intension singulière bien avant les mots qu'elle a envie d'exprimer, un personnage qu'elle incarner, un reportage TV etc La mélodie vient parfois avec les paroles quand elle est distraite, parfois c'est en fonction de ce que le groupe pond comme musique, sa couleur. Toutes les méthodes fonctionnent dans n'importe quel sens.
Le nom THE NARCOTIC DAFFODILS pourquoi ?
C'est un nom unique qui nous identifie immédiatement (fait une recherche Google , c'est éloquent). La jonquille(Daffodils) est une fleur du renouveau, elle fleuri en février quand l'hiver se termine, c'est une promesse de jours meilleurs. Et puis Narcotique c'est pour mettre en évidence les effets de la jonquille qui étaient connus dans l'antiquité et dont le savoir s'est perdu. On extrayait de la jonquille une drogue « En raison des effets narcotiques dangereux des innocentes narcisses, Socrate leur a trouvé un surnom peu aimable : Chapelet des dieux infernaux » Cela pour exprimer que pour planer, pas besoins de substance illicites, la nature nous offre tout ce qu'il faut. Par ailleurs l'idée est qu'il y a des connaissances ancestrales (extraire de la drogue d'une jonquille) qui ont disparu et qu'un peu de modestie ne ferait pas de tort à un monde qui croit tout maitriser , tout contrôler , tout explique.
Quels sont vos goûts musicaux personnels et vos influences ?
Ce serait plus simple de dire quelle genre de musique ne nous influence pas du tout, car pour le reste tout nous influence, de la musique classique au Rock au sens large, de Elvis à Radiohead , des Beatles à Tame Impala , de Led Zepplin à Nirvana . Mais il y a aussi la musique indienne, la musique nord-africaine, bref , les chansons qui passent à la radio, du Jazz à l'électro. Bien peu de musique ne nous influencent pas. Nous sommes aussi tous friands de concert live, et nous n'hésitons pas à aller voir des pointures ou découvrir des groupes inconnus.
Quel regard portez-vous sur la scène musicale actuelle chez nous en Belgique ?
D'un côté il y a une masse de jeunes groupe de qualité qui vivotent , jouent dans les cafés pour 3 francs 50 sur des installations pourries qui ne rendent pas justice à leur talent , d'un autre côté il y a les poulains de maisons de disques qui ont des « plans-promos » qu'ils doivent présenter aux medias parce que le pire pour un programmateur radio est de ne pas être synchrone avec un plan-media défini. Pour ne pas risquer le bide ils offrent un produit immédiatement consommable pour une masse de public qui écoute la musique comme on va manger dans un fast-food. Un manque d'originalité, un manque de qualité dans la composition, un manque d'ambition pour soi-même, et une grande complaisance des médias en général. Bref il reste très peu de place pour faire connaitre en Belgique des projets originaux. Heureusement la Belgique est un petit pays, les frontières sont très proches et on est très vite à Rotterdam, Tilburg, Lille , Londres , toutes des villes ou nous avons toujours reçu un accueil enthousiaste lors de nos tournées mais ou , sans structure sur place , nous ne pouvons pas non plus nous implanter durablement. Cet été nous faisons un gros festival, mais c'est au Pays de Galles , le Sonic Rock Solstice. Les anglais échappent aux incontournables des festivals belges (Stromae , Suarez , Girls in Hawai) et nous jouerons avec des gens comme Lene Lovitch , Deborah Bonham , Nick Turner (Hawkwind) , Gunslinger . C'est plus dans nos cordes, le public y est plus curieux de la nouveauté et ouvert.
En général, quelle est la réaction du public lors de vos concerts ?
Le public est stupéfait de la qualité des chansons et des musiciens, et de la prestation de notre chanteuse qui se donne à fond, et sans « gimmik » du style « tapez dans les mains » et autres conneries destinées à masquer une vacuité artistique patente.
Quel est votre meilleur souvenir live ? Et pourquoi ?
Le « Prince Albert » à Brixton, un quartier multiculturel du sud de Londres ou les rockeurs se mélangent aux jamaïcains et ou la musique est plus importante que les poseurs qu'on avait dû subir à Camden (Nord de Londres) devant un public blasé.
Et l'inverse le plus mauvais souvenir live ?
Un concert à la Porte Noire à Bruxelles ou le son était abominable et notre prestation assez médiocre à cause de ce son caverneux. C'était en plus en pleine session d'examen mi-juin, on était stressé .On avait dû remplacer au pied levé un autre groupe et on était pas du tout concentré. Heureusement le public ne l'a pas trop ressenti, et le groupe qui jouait avec nous (Sexy Project) avait mis une très bonne ambiance.
Quelle serait l'affiche de vos rêves ? (avec vous bien sûr !!!)
Des groupes existants ? Radiohead , Tame Impala , Caribou , Queen of the stone age , Rage against the Machine,. Des plus anciens ? Stranglers , The Cult , Deep Purple, Prince, Return to forever . Des légendes du rock ? The Beatles, Jimi Hendrix , The Doors,Chicago , Pink Floyd