Présente-toi aux lecteurs
Homme, 43 ans. Travaillant dans le domaine informatique et musical. Pour tout le reste, Google sera votre ami;-)
Comment se déroulent les compositions ?
Tout se passe dans le laboratoire, en isolation totale. Pas d'internet, pas de sources de distractions. Pendant 4 à 10 heures ce ne sont que des expérimentations sur le design sonore (poly-harmonies, physique acoustique,...). Depuis quelques années j'ai enfin pu achever mon propre studio « Geometry For Numbers » qui regroupe les équipements nécessaires à la recherche sonore. Cela m'a pris 15 années avant de parvenir à approcher le compromis technologique quasi parfait. Les mélodies sont souvent les éléments les plus simples à trouver... Puis vient le travail sur la rythmique du projet, et là commence déjà le travail sur les sons. Puis pendant des mois il y a un travail sur chaque aspect des sons utilisés, la façon de les mélanger pour créer d'autres particularités. Parallèlement à la conception musicale, vient se greffer la conception graphique (les images de synthèses, les environnements virtuels, ...).
Es-tu quelqu'un de diurne ou nocturne ?
Dans un monde idéal, je vivrais la nuit et dormirais le jour, mais les obligations professionnelles font que je dois être actif le jour... Heureusement je peux néanmoins très bien vivre en ne dormant que finalement peu d'heures. Mais dès que je peux, j'inverse mon cycle et travaille alors infiniment mieux la nuit.
Le nom POLYNOMIQ pourquoi ?
Quand j'ai commencé ce projet, vers novembre 2012, je n'ai jamais pensé à un nom de projet. Comme ce dernier est un projet solo, j'avais même pensé simplement l'appeler de mon nom... Ensuite j'ai pensé que c'était peut-être mieux de trouver un nom de groupe, car avec le temps les choses peuvent toujours changer. Vers fin 2013, j'ai finalement trouvé : « PolynomiQ » qui vient de plusieurs éléments. « Poly » car plusieurs car comme plusieurs moteurs de synthèses sonores pour composer la musique. « Poly » car ce projet se veut aussi bien musical que visuel, les deux sont intimement liés. Ensuite c'est hérité du concept de polynomie (qui désigne un ensemble de variétés linguistiques présentant certaines différences typologiques) car ce premier album est basé sur les anciens langages informatiques tels que « Cobol », « Forth », « Modula 3 », « Ada », « Algol », .... C'est une façon de rendre hommage à ces formes de communications abstraites que sont les langages informatiques. Au final ils réalisent la même chose (donner des instructions à la machine), mais leur syntaxe et leur sémantique diffèrent.
Quels sont tes goûts musicaux personnels et tes influences ?
Elles sont très nombreuses... Bien que depuis 15 ans que je n'écoute plus vraiment ce qui sort. Je compose la musique, mais je n'en écoute que très peu. Dans mon jeune temps, je fus un fan de certains groupes issus de la période New-Wave/Synth-pop comme Gary Numan, Anne Clark ou Frankie Goes To Hollywood (qui avait 15ans d'avance technologique sur le reste du monde)... Ma référence absolue reste Kraftwerk ainsi qu'un ensemble de choses plus variées comme les travaux de Wendy Carlos, Isao Tomita, Klauz Schultz, Tangerine Dreams, Liaisons Dangereuses, et Front 242. Je suis un grand amateur de musique classique, sauf ce qui touche au mouvement baroque et la musique « Viennoise ».
Quel regard portes-tu sur la scène musicale actuelle chez nous en Belgique ?
Pas grand-chose, à vrai dire je ne m'y intéresse pas. Ma passion est la composition et production musicale, mais pas l'analyse de ce qui se passe dans les autres sphères de décisions. De plus, mon univers musical ne se retrouve pas vraiment à l'occasion de « scènes » ou de « festivals » qui sont plutôt rock ou pop-rock. Bien sûr il existe aussi une scène « electro », mais là aussi, soit on retrouve les très classiques musiques DJ/Techno/Clubing dans lesquelles je ne me retrouve pas, soit ce sont des scènes alternatives proposant des choses infiniment plus radicales, dans lesquelles je ne me retrouve pas également. En quelque sorte, c'est un schéma binaire, tu as le choix ... entre le 1 ou le 0. De manière générale, et ce depuis plusieurs années, il y a une forme de tassement au niveau créativité, qui pousse vers des extrêmes (extrêmement lisse ou extrêmement agressif) c'est assez dommage... Aujourd'hui, il n'y a que très peu d'ouvertures vers des groupes plus inventifs, créatifs, ou qui s'échappent des « grandes lignes » ... mais c'est typique d'une société en crise.
Des projets live ?
J'y pense. Depuis quelques mois j'ai terminé mon studio mobile me permettant de pouvoir jouer en live réellement comme en studio. L'idée étant de faire du live-sequencing avec un jeux réel. Il y aura donc une part importante réservée à l'improvisation. J'ai réussi à trouver l'adéquation parfaite des logiciels et le matériel permettant de réaliser cette symbiose. Désormais je peux synchroniser les vidéos avec la musique, tout en mixant et en jouant réellement différents sons. L'idée du live-show est vraiment basée sur une expérience d'immersion dans les sons en communion avec les animations 3D. Mais je dois d'abord sortir l'album... Les projets live viendront par la suite... je l'espère.
Quelle serait l'affiche de tes rêves ? (avec toi bien sûr !!!)
Tant qu'à rêver... elle pourrait avoir la forme d'une affiche avec Kraftwerk + Tangerine Dreams + Wendy Carlos jouant l'album « Tron » en live + Jean-Michel Jarre jouant l'album « Zoolook » + Liaisons Dangereuses « reformés ».