Présentez-vous aux lecteurs
Bonjour lecteur... C'est Alain d'About: blank. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, About: blank est un groupe thrash metal de Namur. Parmi ses principales influences: Sepultura, Fear Factory, Pantera, Megadeth, Machine head, Slayer, Kreator... Ex Mystica, 8-Red, Killa Brazero et Die for fun, j'ai construit ce groupe autour de l'album "Somewhere between survive and kill" que j'avais entièrement composé dans mon home-studio durant 2007. Depuis la mi-2008, date de sortie de l'album auto-produit, About: blank est devenu un groupe à part entière après quelques changements de line-up. Depuis début 2009, About:blank enchaîne les concerts un peu partout en Belgique et en France, avec quelques scènes de choix (Massdeathtruction festival, Cariboustock fest, Concours Circuit, Rockerill metal fest, Metalloween fest Ciney, Federock, Chiefmeeting metal fest, Pigstock fest, Tremplin L'ascenseur Maubeuge, Apaches metal fest, Raw metal fest, Rockin fest...) et quelques groupes renommés (Napalm Death, Immolation, Dagoba, Loudblast, As they burn, After all, Do or die, In Quest, Leng tch'e, Set the tone, Komah, Lamster, Stone goats, Goliath, The Link, Suicide of demons, Age of Torment...). En 2011, le groupe a publié son deuxième album nommé "Qualia" enregistré dans son home-studio. En 2013, A:B a publié son troisième album intitulé "Birth.Hell.Death". Composé de huit nouveaux morceaux et de six bonus (ancien répertoire réactualisé), il marque un retour aux sources sonores du groupe pour un thrash des plus efficaces. Il a été enregistré dans le home-studio du groupe durant l'année 2012 et 2013 et a été mixé et masterisé par François Vincent au Drones studio de Bruxelles en avril et mai 2013. Sur cet album, de nombreux musiciens sont venus prêter main forte en tant que guests: Jean-Phi (Exuviated) - Fab's (4000 Broken necks) - Jesse (We came bearing arms) - NoHell (Crush the devil) - Fizzi - Burny (Lamster) et Gael Mine (Stone goats).
Qui compose ?...Comment ça se passe ?
C'est moi qui ai composé et enregistré tout le troisième album (sauf les solos qui ont été enregistrés par Brieuc, notre soliste actuel), par la force des choses, comme pour le tout premier. Il faut savoir que ce troisième album a été enregistré alors que les musiciens de l'époque venaient juste de quitter le groupe. Depuis la sortie de celui-ci, trois nouveaux musiciens (Jean-Maurice Jerosme à la batterie, Brieuc Degroof et Cyril Depret aux guitares) sont venus rejoindre About: blank. J'espère donc que le prochain album sera, lui, le résultat d'un travail en commun car le groupe est maintenant stable depuis plus d'un an...
Quels sont vos goûts musicaux personnels et vos influences ?
Personnellement, je suis fort influencé par tout ce qui est metal old-school, et notamment la scène heavy metal des années 70 et 80 et, plus particulièrement, le thrash metal (Testament, Slayer, Anthrax, Megadeth...) et la scène métal française des années 80 (Sortilège, Satan Jokers). Je suis un grand fan de Thin Lizzy, Mercyful fate, MSG... En fait, j'écoute énormément de trucs et cela m'inspire beaucoup: du prog, du stoner, aussi... Mais les autres musicos sont un peu plus jeunes que moi et leurs influences sont plus jeunes, elles aussi: Dream Theater, Avenged Sevenfold... Brieuc, lui, est fort influencé par tout ce qui est black et death. Je pense que toutes ces influences vont se ressentir dans nos prochaines compos.
Le nom ABOUT : BLANK pourquoi ?
Quand j'ai créé le projet About: blank, je venais juste d'acquérir mon home studio. Je venais également de quitter mon groupe précédent, dont j'ai fait partie pendant six ans, et je me suis donné à fond dans la compo pour ce projet, avec une certaine amertume. Je me disais que j'avais, jusque-là, déjà fait pas mal de choses intéressantes musicalement et que, finalement, je me retrouvais devant une page complètement blanche, seul. Ce n'était pas un exercice facile. Je trouvais que le nom About: blank reflétait bien cet état d'esprit. About: blank, c'est ce que votre navigateur de votre PC affiche lorsqu'il est impossible de trouver une page web. Et traduit littéralement, cela veut dire « A propos de que dalle ». Je trouvais que c'était assez ironique de choisir ce nom.
Quel regard portez-vous sur la scène musicale actuelle chez nous en Belgique ?
Aïe, aïe, aïe, la question qui tue ! Je ne vais pas me faire des amis... Pour moi, c'est assez simple, en ce qui concerne le métal en tout cas (je ne connais pas les autres scènes): pas de soutien, très peu d'opportunités, beaucoup d'égoïsme, beaucoup de fric perdu et beaucoup de vacheries entre musiciens. Cela fait maintenant plus de trente ans que je fais de la musique et j'ai vraiment vu la mentalité des gens changer ces dix dernières années. J'ai un peu l'impression qu'aujourd'hui, les gens préfèrent cultiver leur ego plutôt que de partager des expériences de vie avec les gens. Je pense que la crise actuelle, et l'arrivée des nouveaux médias ces dernières années, y sont pour beaucoup. Et beaucoup de jeunes musiciens pensent que, parce qu'ils ont un projet qui tient la route, ils doivent être reconnus très vite financièrement parlant. Ne rêvez-pas, les gars, même les Beatles ont galéré pendant des années en écumant des salles de merde. Ou alors, il faut faire de la soupe radiophonique, peut-être, et encore... De toute façon, la Belgique n'a jamais été un pays qui promotionne correctement la culture underground. Et la seule solution, c'est que la scène s'entraide, ce qui est aujourd'hui loin d'être le cas. Je pense que j'ai, personnellement, gardé une approche très old school: dès que je peux aider un groupe, je le fais sans a priori, et surtout, j'ai toujours été très franc et intègre envers les gens qui me connaissent. Mais le retour vient très rarement, j'y suis habitué. En trente ans, j'ai dû jouer avec une bonne soixantaine de musiciens différents et je compte aujourd'hui sur les doigts de la main ceux que je respecte encore, malheureusement. Les musiciens de mes deux groupes actuels font partie de ceux-là.
En général, quelle est la réaction du public lors de vos concerts ?
Plutôt bon, je pense. C'est assez amusant, parce que, à chaque concert, j'ai l'impression que le public nous découvre pour la première fois. Nous sommes assez peu connus, finalement, alors que le groupe existe depuis huit ans déjà. Mais voilà, le groupe est content d'être sur scène quoi qu'il arrive, et je pense que cela se ressent.
Quel est votre meilleur souvenir live ? Et pourquoi ?
J'ai de très nombreux bons souvenirs avec tous mes groupes... Scéniquement parlant, je peux citer le Festival de Dour avec 8-Red, les nombreux concerts à l'étranger sur des affiches professionnelles avec Mystica, les nombreux concerts bondés de Die for Fun et KiKunPaï, l'ambiance retrouvée en concert grâce à About: blank, les prix glanés ci et là lors de concours... Les différents producteurs et organisateurs que mon parcours musical m'a permis de rencontrer, aussi, et qui m'ont appris énormément de choses sur le métier. Je n'ai vraiment pas à me plaindre de mon parcours musical: plus de 600 concerts effectués, une dizaine de CD publiés, dont un, celui d'8-Red, qui a été distribué internationalement. La liste serait trop longue pour tout citer. Aujourd'hui encore, j'apprends beaucoup des gens que je rencontre.
Quel est le plus mauvais souvenir live ?
Là aussi, il y en a beaucoup: des salles sans sono, pas même un micro de chant, des musiciens qui «oublient» de venir jouer ou qui s'engueulent en plein concert... Les nombreuses dates annulées, aussi. Je me souviens, par exemple, d'un concert à Liège avec un groupe précédent, où nous étions en train de monter notre matos et où l'organisateur nous a demandé de ne pas jouer parce que l'horaire n'avait pas été respecté par les autres groupes. Je me souviens aussi d'un concert d'About: blank où l'organisateur a fait arrêter le concert avant que nous jouions parce qu'il n'aimait pas le style des groupes qu'il avait lui-même invités. Mais bon, c'était dans un cadre très spécial, assez dangereux je dois dire, et j'ai alors préféré ne pas poser de questions et partir...