Présentez-vous aux lecteurs
VARSOVIE est un groupe de post-punk / rock noir formé en 2005 à Grenoble par Grégory et moi-même (Arnault). Nous avons sorti un EP et trois albums, dont le dernier "Coups et Blessures" vient de paraître chez Sundust Records après avoir été enregistré en automne 2017 au Drudenhaus studio en Bretagne.
Quelle est l’histoire de COUPS ET BLESSURES ?
Une histoire de plaies ouvertes et de paysages froids.
Qui compose ?...comment cela se déroule au sein du duo ?
Greg s'occupe de trouver les riffs et j'écris les lignes vocales. On arrange et on affine tout ça à deux ensuite ; c'est la version soft du processus disons.
Qui écrit les textes ?..de quoi parlent- ils ?..l’inspiration vient comment ?
Moi (Arnault)... L'inspiration ne vient pas comme ça malheureusement. Pas mal d'idées stagnent dans un coin de ma tête et attendent l'occasion de s'exprimer, au contact d'un enchaînement d'accord parfois, d'une rythmique... Il y a quelques flashs, des phrases qui s'imposent comme une évidence, traînant avec elles une atmosphère, un angle d'attaque, un décor… Il faut creuser. Trier. Jeter. Quant aux sujets : des crises historiques faisant écho à des fêlures intimes et des fêlures faisant écho à des événements historiques, des parcours fulgurants, des personnages en décalage avec leur époque, des saisons mentales, des mondes à deux doigts de s'effondrer, des envies d'en découdre…
Le nom VARSOVIE pourquoi ?
Avant la sortie de notre premier EP en 2006, nous avions un morceau qui évoquait l'insurrection de la ville en 1944. C'est un peu parti de là. Ce combat désespéré, déséquilibré, seuls contre tous, nous allait bien… Et c'est aussi un clin d'œil à Warsaw, première version de Joy Division.
Quels sont vos goûts musicaux personnels et vos influences ?
C'est varié. Peu importe les styles d'ailleurs. On reste dans un registre assez sombre, à la fois nerveux et mélancolique, que ce soit dans le rock, le post-punk, la folk, le black-metal… ou autres. Pas mal de groupes peuvent nous avoir influencé. Citer des noms est un peu vain... Siekiera, Joy Division, Bauhaus, And Also the trees, The Chameleons, The Sound, Siouxsie and the Banshees, les premiers Nick Cave… sont des références post-punk de base, mais il y en a d'autres, plus indirectes. Alain Bashung, Jean-Louis Murat pourraient tout aussi bien être cités, au même titre que "Reign in Blood" de Slayer… La musique centrée sur le divertissement et la "hype" m'ennuie la plupart du temps. J'ai besoin de sentir un minimum de sincérité, d'investissement, de violence… On peut procéder par élimination : les groupes conçus pour coller à une étiquette, armés de toute la panoplie dédiée à un genre, et qui tentent de percer à tout prix en surfant sur la vague d'un revival, par exemple, et pour des raisons purement commerciales, sont à peu près tout ce que je déteste.
Quel regard portez-vous sur la scène musicale actuelle chez vous en France ?
Quelques très bonnes formations plus ou moins underground, çà et là, qui comme nous tentent de ne pas être noyées dans la masse, la surproduction, le fléau de la quantité contre la qualité…
Quel est votre meilleur souvenir live ? Et pourquoi ?
Pas mal de bons souvenirs, mais comme ça je dirais notre première date à Varsovie, pour les raisons que vous imaginez, avec notamment une première visite éclair de la ville ponctuée de très nombreuses haltes à la vodka.
En studio quelle a été l’ambiance pour ce nouvel album COUPS ET BLESSURES ?...etc.…
Bonne, même si nous sommes des gens stressés et perfectionnistes. Là-bas, en pleine campagne bretonne, nous sommes un peu coupés du monde et c'est ce dont nous avons besoin dans ces moments. De plus, Benoît Roux, avec qui nous travaillons depuis notre premier album, cerne assez bien notre état d'esprit (et notre état tout court) … Les choses se passent simplement disons, même si la pression est toujours présente, puisqu'il s'agit de faire sonner idéalement ce qu'on a en tête depuis des mois, voire des années... Ce n'est pas anodin. Sachant qu'un mauvais choix dans le son ou le mix final peut être fatal, jusqu'à fausser complétement le propos.
Comment s’est déroulée la conception de la pochette ? et pourquoi ce titre ?
Les photos ont été prises en Lituanie par Rytis Titas, la personne qui a réalisé nos clips "Lydia Litvak" et "Coups et Blessures", et c'est Dehn Sora qui s'est brillamment occupé du graphisme. Pour nous, la symbolique colle parfaitement à l'identité de l'album. Pour reprendre ce que j'avais écrit lors de la campagne promo, on peut dire que ce sont les coups et les blessures que l'on encaisse ou que l'on s'inflige, avec l'idée de les traiter avec une certaine froideur, un certain détachement, comme s'il ne s'agissait plus de les éviter, mais seulement de les répertorier ; un inventaire ou une collection d'événements amenés à se reproduire avec plus ou moins d'intensité. C'est l'idée de faire face, malgré un bilan assez noir, de tenir parmi les ruines, de continuer malgré les fêlures, malgré la perte, que ce soit celle de proches, d'idéaux, de choses aimées... Un mélange de froideur par expérience, de mélancolie et de violence contenue.
Comment s’est passé le tournage de votre clip COUPS ET BLESSURES ?
Il a été tourné à Kaunas en Lituanie par Rytis Titas, dans un hôpital abandonné, avec la modèle Julija Korpačiova. Nous avons aussi un clip assez vertigineux pour le morceau "Le Lac", réalisé au Portugal par Guilherme Henriques avec la comédienne Mafalda Banquart qui incarne intensément son personnage aspiré par la nuit.
Quels sont vos projets ?
Poursuivre, en dépit des écueils.
Qu'aimeriez-vous que le futur vous apporte ?
De quoi tenir.
Quelle est votre devise ?
Aujourd'hui, je dirais : "Va outre !" – mais c'est avant tout celle de l'écrivain Philippe-Auguste de Villiers de l'Isle-Adam.
A rappeler les sites
Facebook : www.facebook.com/varsovie.propaganda
Bandcamp : https://varsovie.bandcamp.com
Qu’avez-vous envie de dire aux lecteurs ?
Si Varsovie ne vous évoque pas que des mauvaises choses, partagez dans la mesure du possible, venez en concert… Soyez nos fers de lance.