Présentez-vous aux lecteurs
Nous nous appelons Dewback et jouons du hardcore.
Nous sommes principalement influencés par des groupes comme Madball, Hatebreed, Backfire, ...
A dater de la création du groupe en 1998, nous avons donné plusieurs concerts dans notre région sous différents line-up (Liège, Visé, Hermalle, Maastricht,...) sans réussir à stabiliser celui-ci.
C'est dans un de ces line-up temporaires que nous avons enregistré une démo 3 titres intitulée Your World. Nous nous sommes ensuite sérieusement mis à la recherche d'un guitariste définitif.
Début 2004, Kazak intègre le groupe et Dewback entame une série de concerts un peu partout en Wallonie (Liège, Charleroi, Mons, Tournai, Braine l'Alleud,...) ainsi qu'en France ( Dunkerque et Paris) et en Flandre (Lintfabriek à Kontich).
Le groupe est sélectionné aux éliminatoires du Concours-circuit en 2004 et participe également, en mars 2005, à la finale du Rock Around, concours ayant lieu à l'Eden à Charleroi et dans le cadre duquel il remporte le prix du Public. Fin août, Dewback entrera en studio afin d'y enregistrer un cd 8 titres. D'ici là, nous continuerons à nous produire sur scène durant les mois de juillet et août. Nous avons également pas mal de projets déjà bookés pour la rentrée ainsi que quelques dates déjà prévues en 2006.
Quels sont vos goûts musicaux personnels et vos influences ?
Les membres de Dewback ont des goûts assez éclectiques et qui varient selon la personne.
Micky (chant) et Silvio (batteur) écoutent et sont principalement influencés par les formations hardcore (des groupes comme Madball, Sick of it All, Backfire ou Rykers). Notre bassiste (Magaly) aime le hardcore mais également des groupes plus metalcore comme Born From Pain ou Cataract ou des groupes rock comme Muse.
Quant à Kazak, guitariste du groupe, ses goûts musicaux couvrent tous les domaines du metal (hxc, death, thrash,...) mais il est principalement influencé par des groupes comme Fear Factory, Slayer ou Machine Head.
Quel regard portez-vous sur la scène métal actuelle en Belgique ?
On constate actuellement une prolifération de groupes parmi lesquels de très bons.
Ceux-ci n'arrivent cependant pas à percer dans la mesure où ils ne parviennent pas à se faire connaître ni reconnaître par les labels, les organisateurs, ... On constate en effet que le metal belge ne semble pas être une musique considérée comme porteuse commercialement parlant pour les organisateurs et les labels.
Les groupes qui démarrent et réussissent à se faire connaître appartiennent plus au milieu pop rock parce qu'ils touchent un public plus large qui apprécie une musique plus "douce" et aussi parce que leur musique correspond peut-être plus au goût de la majorité des organisateurs de concerts. A côté de çà, il y a évidemment le milieu très spécifique électro et techno qu'on ne peut pas comparer.
Les organisateurs de gros concerts metal préfèrent tabler sur de très grosses têtes d'affiche dont les managers imposent les groupes qui joueront en première partie, ce qui empêchent les groupes belges de pouvoir en bénéficier.
Même dans le cadre de festivals répartis sur plusieurs jours, il est rare que des groupes metal locaux soient choisis, encore plus, s'ils se caractérisent par une musique assez "énergique".
Pour parler plus spécifiquement de Liège et environs, peu d'organisateurs locaux se consacrent au metal. Il est donc très difficile de pouvoir jouer, même dans le cadre d'événements qui seraient organisés au niveau local.
Il en résulte que beaucoup de groupes doivent organiser leurs propres concerts eux-mêmes. Or, dans ce cas, à l'exception de certains endroits qui offrent une salle et une sono gratuitement parce que leur philosophie est axée sur l'apport d'un soutien aux groupes peu connus en dépit des gains financiers qu'ils peuvent en espérer, l'organisation du moindre petit concert impose un investissement de départ qu'il est souvent difficile de récupérer parce que le public ne répond pas.
Par ailleurs, tout le monde n'a pas la possibilité d'avancer 300 ou 400 euros minimum en étant quasi sûr de ne pas les regagner.
Quant à l'organisation de concerts dans une autre région, pour beaucoup, il y a également les problèmes logistiques qui y sont liés (pub, salle, ...), ce qui a pour conséquence, vu lasituation, qu'ils ne peuvent jouer qu'occasionnellement et uniquement tout près de chez eux.
Concernant plus spécifiquement le public, on pourrait résumer, en ce qui nous concerne, en citant le dicton "Nul n'est prophète en son pays".
Plus globalement, on constate qu'à Liège, le public est peu enthousiaste, même à l'égard des jeunes groupes metal de la région. Les gens sont plutôt rock ou jazz et même pour ce type de musique ce n'est pas facile du tout.
Mais même parmi ceux qui aiment et écoutent principalement du metal, on remarque que rares sont ceux qui se déplacent aux concerts qui programment de petits groupes, encore plus lorsqu'il s'agit de groupes qu'ils ne connaissent pas.
Nous avons pu constater que, même à Paris où nous étions d'illustres inconnus et où l'offre de concerts est pourtant exceptionnelle (d'où beaucoup de concurrence entre les divers événements organisés en même temps), nous avons eu plus de succès que dans certains concerts organisés à Liège.
Les gens sont finalement peu ouverts à la découverte.
Programmer trois groupes de metal carolos ou bruxellois à Liège même parmi ceux qui font un peu parler d'eux, c'est la gamelle assurée. Et même si on place un groupe liégeois en tête d'affiche, il arrive souvent que le public - en nombre assez limité - arrive au milieu de la prestation du 2e groupe, juste pour voir les copains qui jouent en dernier lieu. On a déjà vu des très bons groupes jouer devant 4 personnes alors que çà valait vraiment la peine de les découvrir. Quitte à payer son entrée, n'est-il pas plus intéressant de voir 3 groupes qu'un et demi?
Nous regrettons aussi que, même quand les gens sont là, ils participent si peu.
Quand certains osent, on lit ensuite sur certains forums consacrés au metal les récriminations de personnes qui ont été légèrement bousculées.
C'est dommage parce que le metal est une musique vivante et que, tant que certaineslimites sont respectées, un peu de "violent dancing" n'a jamais tué personne d'autant qu'on constate en général un grand fair-play dans les pogos.
Par ailleurs, par rapport à d'autres endroits où nous avons pu jouer, il nous semble que la scène metal liégeoise est très morcelée. Sauf à des occasions exceptionnelles, programmer un groupe de hardcore, un groupe de black metal et un groupe de heavy au même concert, ce n'est même pas la peine d'y penser alors que cela se fait couramment ailleurs et que çà marche...
Heureusement pour nous, nous avons, à force de déployer beaucoup d' énergie pour trouver des contacts, pu nous faire connaître en dehors de Liège et depuis lors, nous sommes régulièrement contactés par des organisateurs d'événements d'autres régions. A Charleroi, notamment, le public est très metal, a des goûts très éclectiques à ce niveau et participe de manière vraiment extraordinaire...Cà n'empêche pas qu'on voudrait que çà change chez nous et que le metal soit plus valorisé dans notre région.
Vu cette situation, il y a d'autant plus de raisons de remercier les organisateurs de l'Ama-rock d'avoir fait le choix de programmer des groupes metal belges peu connus dans le cadre de leur festival.
Qu'aimeriez-vous que le futur vous apporte ?
Pouvoir continuer à jouer de la musique car il s'agit véritablement d'une passion.
Comme la plupart des groupes, obtenir un peu de reconnaissance et participer à des événements plus importants tant en Belgique qu'à l'étranger.
Quelle est votre devise ?
Plutôt que d'une devise, on pourrait parler de notre philosophie.
Quand on joue, c'est "amplis à fond et pied au plancher".
Qu'avez-vous envie de dire aux lecteurs ?
Qu'ils viennent nous voir et se défouler avec nous.
A ceux qui sont un peu "frileux", qu'ils n'hésitent à pas aller à des concerts même s'ils ne connaissent pas les groupes car ils pourront y faire des découvertes intéressantes.